adoption IA
Deux études documentent une pénalité sociale liée à l'usage de l'IA. La première, publiée dans la revue PNAS en 2025 par des chercheurs de l'université Duke (Reif, Larrick et Soll), montre que les salariés s'attendent à être jugés plus paresseux et moins compétents s'ils utilisent l'IA. Ils déclarent donc moins volontiers cet usage. La pénalité disparaît quand l'évaluateur utilise lui-même l'IA. La seconde étude porte sur près de 29 000 ingénieurs d'une grande entreprise technologique (Gai, Hou et Tu, relayée par la Harvard Business Review en août 2025). À travail identique, un ingénieur soupçonné d'avoir utilisé l'IA est noté 9 % moins compétent. La pénalité est plus forte pour les femmes et les salariés plus âgés. Douze mois après le lancement interne de l'outil, 41 % seulement des ingénieurs l'avaient utilisé.
Notre lecture
Une direction qui pilote son déploiement d'IA sur les taux d'usage déclarés pilote sur une donnée faussée : les salariés minimisent ce qu'ils font, par crainte du jugement. L'écart entre l'usage déclaré et l'usage réel se mesure, à une condition : garantir l'anonymat des réponses. C'est cet écart qui indique où l'IA aide déjà, avant tout plan officiel.
Le chiffre de 9 % provient d'une seule entreprise. La pénalité anticipée mesurée par PNAS l'a été en conditions expérimentales.
Sources
Reif, Larrick, Soll, PNAS 2025 : https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2426766122 · Gai, Hou, Tu, relayé par la Harvard Business Review, août 2025 : https://hbr.org/2025/08/research-the-hidden-penalty-of-using-ai-at-work
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