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Impact environnemental de l’IA : énergie, empreinte carbone et eau
Aussi appelé : IA et environnement, empreinte carbone de l’IA, consommation d’énergie de l’IA, empreinte environnementale de l’IA
Par Spentia · Révisé le 26 octobre 2026
L’impact environnemental de l’IA désigne l’électricité, l’eau et le matériel que consomment l’entraînement et l’usage des modèles, et les gaz à effet de serre qui en résultent. Pour une entreprise utilisatrice, il dépend surtout du volume et du type de ses usages, et des centres de données qui les traitent.
Nous n’avons trouvé aucune définition de référence : cette définition est celle de Spentia. Elle croise les trois impacts de l’analyse de cycle de vie publiée par Mistral AI en juillet 2025 (gaz à effet de serre, eau, épuisement des ressources) avec la consommation d’électricité que suit l’Agence internationale de l’énergie.
Que recouvre l’impact environnemental de l’IA ?
L’impact environnemental de l’IA recouvre l’électricité des centres de données, les émissions de gaz à effet de serre, l’eau et la fabrication du matériel. Il naît à trois moments : la fabrication du matériel, l’entraînement du modèle, à la charge de l’éditeur, puis l’inférence, chaque fois que vous l’utilisez.
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les centres de données du monde ont consommé 485 TWh en 2025, en hausse de 17 %. La consommation des centres dédiés à l’IA a crû de 50 %. Dans sa projection centrale d’avril 2026, l’AIE prévoit 950 TWh en 2030, environ 3 % de la demande mondiale d’électricité. Ces chiffres couvrent tous les centres de données, pas seulement l’IA.
En France, les centres de données représentaient 46 % de l’empreinte carbone du numérique en 2022, selon l’étude ADEME-Arcep mise à jour en 2025. Ce chiffre inclut les centres situés à l’étranger qui servent les usages français. Cette estimation précède l’essor de l’IA générative. Selon une prospective de l’ADEME de janvier 2026, la consommation d’électricité des centres situés en France pourrait se multiplier par 3,7 entre 2024 et 2035. Ce scénario suppose l’absence de politique de transition écologique.
La fabrication des puces et des serveurs s’ajoute à l’électricité. Mistral AI juge sa part « significative », mais précise que l’impact de la fabrication des GPU n’est « qu’estimé à ce stade ».
Combien consomme une requête d’IA ?
Une requête de texte simple consomme quelques dixièmes de wattheure selon les éditeurs, mais leurs chiffres ne se comparent pas. Chacun publie sur son propre modèle, avec sa propre méthode.
Google : 0,24 Wh, 0,03 g d’équivalent CO₂ et 0,26 mL d’eau pour la requête de texte médiane de l’application Gemini, en mai 2025. Google publie sa méthode (article du 21 août 2025). Il calcule les émissions en tenant compte de ses contrats d’électricité bas carbone (méthode dite « market-based ») et ne compte que l’eau de refroidissement.
Mistral AI : 1,14 g d’équivalent CO₂ et 45 mL d’eau pour une réponse de 400 tokens de son assistant Le Chat, devenu Vibe en mai 2026. Ces chiffres viennent d’une analyse de cycle de vie menée avec Carbone 4 et le soutien de l’ADEME (22 juillet 2025). L’article ne précise pas ce que couvre l’indicateur d’eau.
OpenAI : 0,34 Wh pour une requête moyenne à ChatGPT, selon un billet de son directeur général, Sam Altman, du 10 juin 2025. Le billet ne décrit aucune méthode.
La méthode change le résultat. Google l’illustre : une méthode étroite, limitée aux puces actives des machines les plus sollicitées, donne 0,10 Wh au lieu de 0,24 Wh.
Le type de tâche change l’ordre de grandeur. Selon l’AIE, la génération de vidéo, le raisonnement et les tâches d’agents IA peuvent consommer des centaines ou des milliers de fois plus d’énergie par requête qu’un texte simple.
Impact environnemental ou IA frugale : quelle différence ?
L’impact environnemental est une mesure ; l’IA frugale est la démarche qui le réduit : vérifier que l’IA sert, puis choisir le plus petit modèle utile.
Ne confondez pas non plus :
L’impact et le coût. La facture suit le volume de tokens. L’empreinte carbone dépend aussi de l’électricité qui alimente le centre de données.
L’efficacité par requête et la consommation totale. Google indique avoir divisé par 33 l’énergie de sa requête médiane entre mai 2024 et mai 2025. La consommation des centres de données a pourtant crû de 17 % en 2025. L’AIE y voit l’effet combiné de trois tendances : des gains d’efficacité, des usages en forte hausse et des modèles aux capacités nouvelles.
Que change l’impact environnemental de l’IA pour votre décision ?
Un chiffre sans méthode ne permet aucune comparaison. Demandez le périmètre (entraînement, inférence, fabrication), la méthode de calcul des émissions et la date de la mesure. La transparence reste rare. En mai 2025, sur la plateforme OpenRouter, 84 % des tokens des 20 modèles les plus utilisés passaient par des modèles sans information environnementale (Luccioni et al., arXiv, juin 2025).
L’AI Act ne vous donnera pas ces chiffres. Le fournisseur d’un modèle d’IA à usage général documente la consommation d’énergie connue ou estimée de son modèle (annexe XI). Un modèle publié sous licence libre et ouverte, sans risque systémique, échappe à cette obligation (article 53, paragraphe 2). Il remet ce document, sur demande, au Bureau de l’IA et aux autorités nationales. Les informations dues aux entreprises qui intègrent le modèle (annexe XII) ne mentionnent pas l’énergie.
Les centres de données européens déclarent déjà des indicateurs. Depuis 2024, chaque centre de données de l’Union d’au moins 500 kW fait une déclaration annuelle à une base européenne. Elle couvre sa consommation d’énergie et d’eau, son efficacité énergétique (PUE) et sa part d’énergie renouvelable. La Commission ne publie que des agrégats : demandez les valeurs à votre fournisseur.
Votre reporting dépend de votre taille. La directive (UE) 2026/470 du 24 février 2026 réserve la CSRD aux entreprises de plus de 1 000 salariés. Elles doivent aussi dépasser 450 millions d’euros de chiffre d’affaires net. Si vous publiez vos émissions indirectes (scope 3), les services d’IA achetés en font partie. Google Cloud, par exemple, fournit à chaque client un rapport d’émissions à y intégrer.
Quelle question poser avant de choisir un fournisseur d’IA ?
À demander
Quelle empreinte vos usages produisent-ils, et selon quelle méthode le fournisseur la calcule-t-il ?
Puis :
Le chiffre couvre-t-il l’entraînement, l’inférence et la fabrication du matériel ?
Les émissions suivent-elles le mix électrique local ou les contrats d’achat d’électricité du fournisseur ?
Dans quels pays et dans quels centres de données le fournisseur traite-t-il vos requêtes ?
Quels usages prévus (agents, raisonnement, vidéo) multiplient la consommation ?
Le contrat prévoit-il un rapport annuel d’émissions pour votre compte ?
Pour aller plus loin
Sources
Agence internationale de l’énergie, « Key Questions on Energy and AI », 16 avril 2026, résumé : iea.org
Arcep, avec le PEReN, « Intelligence artificielle générative : quels défis environnementaux ? », mai 2026 (reprend l’étude ADEME-Arcep mise à jour en 2025) : arcep.fr
ADEME, communiqué du 22 juillet 2026 sur l’avis « L’intelligence artificielle générative, des impacts environnementaux importants » : ademe.fr
Mistral AI, « Notre contribution à un standard environnemental mondial pour l’IA », 22 juillet 2025 (étude de l’éditeur sur son modèle, avec Carbone 4 et le soutien de l’ADEME) : mistral.ai
Cooper Elsworth et al. (Google), « Measuring the environmental impact of delivering AI at Google Scale », arXiv 2508.15734, 21 août 2025 (étude de l’éditeur sur son modèle) : arXiv
Sam Altman, « The Gentle Singularity », billet du 10 juin 2025 (déclaration de l’éditeur, sans méthode) : blog.samaltman.com
Sasha Luccioni et al., « Misinformation by Omission : The Need for More Environmental Transparency in AI », arXiv 2506.15572, 18 juin 2025 : arXiv
Règlement (UE) 2024/1689, article 53, paragraphe 1, points a) et b) : AI Act Service Desk
Règlement (UE) 2024/1689, annexe XI, section 1, point 2 e) : AI Act Service Desk
Règlement (UE) 2024/1689, annexe XII : AI Act Service Desk
Règlement délégué (UE) 2024/1364 de la Commission du 14 mars 2024 (système commun de notation des centres de données) : EUR-Lex
Directive (UE) 2026/470 du 24 février 2026 (Omnibus I), article 2 : EUR-Lex
Google Cloud, Carbon Footprint, méthodologie, page mise à jour le 22 octobre 2026 : docs.cloud.google.com
ADEME (groupement CLIK), « Prospective d’évolution des consommations des centres de données en France de 2024 à 2060 », rapport final, janvier 2026, scénario tendanciel (copie du PDF hébergée par Édition Multimédi@) : editionmultimedia.fr
Mistral AI, « Vibe gets to work. », 28 mai 2026 (Le Chat devient Vibe) : mistral.ai