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SecNumCloud : définition et portée de la qualification ANSSI

Aussi appelé : qualification de l’ANSSI, qualification SecNumCloud, référentiel SecNumCloud

Par Spentia · Révisé le 25 octobre 2026

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SecNumCloud est le référentiel de l’ANSSI qui qualifie les prestataires de cloud, offre par offre : la qualification porte sur une offre précise, pas sur le fournisseur entier. Sa version 3.2, datée du 8 mars 2022, ajoute des exigences de protection contre le droit extra-européen.

La définition reprend la présentation de l’ANSSI, pour qui SecNumCloud reconnaît « une offre de cloud spécifique et non pas un fournisseur de cloud ».

Que garantit la qualification SecNumCloud ?

La qualification SecNumCloud atteste qu’une offre de cloud respecte le référentiel d’exigences de l’ANSSI, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information. L’ANSSI a élaboré ce référentiel en 2016. Il couvre les offres de logiciel (SaaS), de plateforme (PaaS), d’infrastructure (IaaS) et de conteneurs (CaaS) fournies en ligne.

Selon l’ANSSI, une offre qualifiée doit résister à la menace isolée ou hacktiviste et à une cybercriminalité « de bon niveau ». Elle doit aussi résister à une injonction issue de lois extraterritoriales. La qualification vaut trois ans au plus, avec des audits annuels de surveillance. L’ANSSI publie un catalogue des services qualifiés, avec la référence de chaque décision et ses dates de validité.

Comment SecNumCloud 3.2 protège-t-il du droit extra-européen ?

SecNumCloud 3.2 exige que le prestataire relève exclusivement du droit de l’Union européenne. L’ANSSI décline cette exigence en cinq points :

  1. Le siège social se trouve dans un État membre de l’Union.

  2. Le capital et les droits de vote : des entités situées hors de l’Union ne peuvent en détenir plus de 24 % chacune, ni plus de 39 % ensemble (exigence 19.6 b).

  3. Les sociétés tierces hors Union : le référentiel encadre leur capacité pratique à obtenir les données du service.

  4. L’autonomie : le prestataire garantit une exploitation continue et autonome du service.

  5. L’indépendance face aux ingérences, dans le respect du droit et des valeurs de l’Union.

Ces exigences visent les lois à portée extraterritoriale, dont le Cloud Act américain. Le référentiel demande aussi au prestataire de lister les risques résiduels liés aux lois extra-européennes qui permettent de collecter vos données sans votre consentement. Il doit vous remettre les éléments de cette analyse si vous les demandez (chapitre 5.3).

Qui doit recourir à une offre qualifiée SecNumCloud ?

L’obligation vise d’abord l’État. La doctrine « cloud au centre » impose aux services de l’État une offre qualifiée SecNumCloud quand ils hébergent des données particulièrement sensibles sur un cloud commercial. L’article 31 de la loi n° 2024-449 du 21 mai 2024, dite loi SREN, s’appuie sur cette doctrine.

Cet article vise les administrations de l’État, certains de leurs opérateurs et certains groupements d’intérêt public. Pour leurs données d’une sensibilité particulière, le service de cloud doit empêcher l’accès d’autorités d’États tiers. Seul le droit de l’Union ou d’un État membre peut autoriser un tel accès. Ces textes ne visent pas l’entreprise privée qui achète du cloud : pour elle, la qualification reste un critère de choix, sauf règle propre à son secteur.

SecNumCloud ou hébergement en France : quelle différence ?

Un hébergement en France fixe la localisation des données. SecNumCloud traite aussi la juridiction, c’est-à-dire le droit qui s’applique au prestataire. Un fournisseur soumis au droit américain peut héberger vos données à Paris et rester tenu de les remettre sur réquisition. La fiche souveraineté numérique détaille cette distinction.

Ne confondez pas non plus l’offre et le fournisseur. Un même prestataire peut vendre une offre qualifiée et d’autres offres qui ne le sont pas.

Que change SecNumCloud pour votre décision ?

  • Exigez la qualification là où le risque la justifie. L’ANSSI la conçoit pour le traitement de données sensibles. Pour chaque usage, comparez le niveau de protection requis et l’écart de coût éventuel de l’offre qualifiée.

  • Vérifiez l’offre, pas la marque. La qualification couvre une offre précise. Contrôlez dans le catalogue de l’ANSSI la décision qui la concerne et sa date de fin de validité.

  • Suivez chaque maillon de votre chaîne d’IA. Une application d’IA peut tourner sur un hébergement qualifié et appeler un modèle de langage chez un fournisseur qui ne l’est pas. Demandez le périmètre exact de la décision de qualification.

  • Gardez le modèle dans le périmètre qualifié. Pour un usage d’IA sensible, un modèle à poids ouverts hébergé sur une offre qualifiée garde le modèle et les données sous le même régime. Vous prenez alors en charge son exploitation.

  • Demandez l’analyse des risques extra-européens. Le référentiel oblige le prestataire à vous en remettre les éléments sur demande. Faites-la lire par votre direction juridique avant de signer.

Quelle question poser avant d’exiger SecNumCloud ?

À demander

Vos usages sensibles exigent-ils cette qualification, et quelle offre la détient vraiment ?

Puis :

  • Quelle offre précise détient la qualification, et jusqu’à quelle date ?

  • Le périmètre qualifié couvre-t-il le modèle d’IA, ou seulement l’hébergement ?

  • Quelles sociétés hors Union interviennent sur le service, y compris pour le support ?

  • Le prestataire vous remet-il son analyse des risques liés au droit extra-européen ?

  • Quel écart de coût la qualification entraîne-t-elle, usage par usage ?

Sources

  • ANSSI, « FAQ avant de se lancer dans la qualification SecNumCloud » (exigences, durée de la qualification), consultée le 25 octobre 2026 : cyber.gouv.fr

  • ANSSI, SecNumCloud, référentiel d’exigences, version 3.2 du 8 mars 2022, chapitres 1.1, 5.3 et 19.6 : cyber.gouv.fr

  • DINUM, « Cloud des administrations : FAQ » (doctrine « cloud au centre » : champ d’application, données particulièrement sensibles), consultée le 25 octobre 2026 : numerique.gouv.fr

  • ANSSI, « Découvrir les solutions certifiées et qualifiées » (catalogue) : cyber.gouv.fr

  • Commission européenne, base TRIS, notification 2025/0041/FR, projet de décret relatif à la protection des données stratégiques et sensibles sur le marché de l’informatique en nuage (présentation de l’article 31 de la loi n° 2024-449) : TRIS

  • Commission européenne, base TRIS, notification 2025/0041/FR, réponse de la France à la Commission sur la portée de l’article 31 : TRIS

  • 18 U.S.C. § 2713, ajouté par le CLOUD Act (Pub. L. 115-141, 23 mars 2018) : Cornell Law School, LII

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